Le 5 décembre 2025, Yamoussoukro s'est transformée en une véritable scène de reconnaissance et d'espérance. Dans une ambiance à la fois festive et fraternelle, DTA-Union a honoré les Facilitateurs et Narrateurs du projet de Narration d'Histoires Bibliques en langue Kla-Dan. Chants, applaudissements et sourires ont donné à cette cérémonie une atmosphère de joie partagée — mais au-delà du faste, ce moment marquait une étape décisive d'un processus de formation et d'engagement communautaire.
Derrière les remises de prix et les attestations, il y a une histoire plus profonde : celle d'hommes et de femmes qui, avec persévérance et détermination, ont consacré dix jours intenses, du 24 novembre au 4 décembre 2025, à se former pour devenir porteurs de la Parole dans leur langue maternelle. Pendant cette période, ils ont appris à raconter avec émotion, à contextualiser les récits bibliques dans les réalités locales et à transmettre fidèlement les histoires sacrées.
Cette démarche prend tout son sens dans un contexte marqué par la souffrance et la persécution. Lorsqu'il choisit de suivre Jésus, le peuple Kla-Dan fait face à l'hostilité, au rejet et parfois même au martyre. Dans ce climat de tension, la narration biblique devient bien plus qu'un outil pédagogique : elle se révèle être un acte de résistance spirituelle, une manière de fortifier la foi et de rappeler que la lumière de l'Évangile ne peut être étouffée.
Dix jours, cinq axes. La formation était structurée autour de cinq grands axes : (1) l'art de raconter — donner vie aux récits par la voix, le rythme et l'émotion ; (2) la fidélité au texte — techniques de mémorisation et de restitution ; (3) l'ancrage culturel — contextualisation dans le quotidien Kla-Dan ; (4) la dynamique communautaire — travail en équipe et cohésion spirituelle ; (5) la préparation à la traduction — fondations d'un futur projet biblique enraciné dans la langue locale.
« Raconter en Kla-Dan, c'est comme ouvrir une fenêtre sur notre âme. Nous avons appris à écouter, à ressentir et à transmettre. La Parole devient vivante quand elle est dite dans la langue du cœur », a témoigné Inès ZADI, Facilitatrice. Ce témoignage résume l'esprit de la session : chaque atelier était ponctué de mises en situation concrètes, d'échanges critiques et d'exercices de transmission orale qui ont consolidé la capacité de chacun à restituer fidèlement les récits.
Cette reconnaissance s'inscrit dans une vision à long terme : bâtir un projet de traduction biblique en Kla-Dan qui conjugue spiritualité, culture et développement communautaire. Les facilitateurs et narrateurs formés ne sont plus seulement des apprenants ; ils deviennent les pionniers d'une mission qui dépasse les frontières, reliant foi et identité, ouvrant la voie à une dynamique interculturelle et transnationale.
En définitive, la cérémonie du 5 décembre fut à la fois un acte de reconnaissance, un encouragement collectif et une déclaration d'avenir. Grâce à elle, la Parole en Kla-Dan s'affirme comme une lumière qui résiste aux épreuves, une voix qui transcende les barrières et une mission qui unit les communautés autour d'une espérance commune.





